Selon l’ANSES, un bébé utilise entre 3 800 et 4 800 couches jetables jusqu’à l’acquisition de la propreté. On comprend les parents qui veulent s’assurer de choisir des couches bébé avec une composition clean et sans danger, puisqu’elle restera au contact de la peau de bébé 24h/24 pendant 2 à 3 ans ! Une couche bébé jetable se compose principalement de cellulose (issue du bois), d’un polymère super-absorbant (le polyacrylate de sodium, ou SAP) et de matières plastiques de type polypropylène et polyéthylène. À ces matériaux s’ajoutent des élastiques, des colles et parfois des additifs (parfums, lotions, encres, indicateurs d’humidité).
Aucune réglementation spécifique n’encadre aujourd’hui la composition des couches en France ou dans l’Union européenne : la vigilance repose donc en grande partie sur la lecture des compositions par les parents. Dans cet article, l’équipe de Quelle Couche détaille pour vous chaque composant, les substances indésirables identifiées par les autorités sanitaires et les critères à vérifier avant l’achat.
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De quels éléments se compose une couche bébé ?
Une couche jetable est un assemblage de cinq grandes parties, chacune ayant une fonction précise :
- Le voile de surface (ou voile de contact) : en contact direct avec la peau du bébé, il transfère le liquide vers le matelas absorbant
- Le matelas absorbant : il capte, absorbe et retient l’urine
- L’enveloppe extérieure : c’est elle qui assure l’étanchéité de la couche
- Les barrières anti-fuites et les élastiques : ils renforcent la protection et permettent à la couche de s’adapter à la morphologie de l’enfant
- Le système de fermeture : il se compose des attaches et des bandes de repositionnement
La qualité d’une couche dépend à la fois des matériaux utilisés pour chacune de ces parties et des procédés employés pour les fabriquer.
Quelles matières entrent dans la composition des couches bébé ?
Selon l’expertise de l’Anses sur la sécurité des couches pour bébé publiée en janvier 2019, les matériaux d’une couche jetable se répartissent en deux grandes familles : les produits d’origine naturelle de nature cellulosique, et les produits synthétiques.
La cellulose
La cellulose est un matériau issu du bois. Elle forme le petit matelas moelleux situé au cœur de la couche. Ses fibres absorbent l’urine et la diffusent dans l’ensemble du matelas absorbant. L’Anses précise que ces produits cellulosiques subissent tous un traitement chimique de blanchiment (pouvant parfois contenir du chlore : voir plus bas), à l’exception des celluloses commercialisées comme non blanchies.
Le polymère super-absorbant (SAP)
Le polyacrylate de sodium, appelé SAP (Super Absorbent Polymer), est un polymère capable de retenir plusieurs dizaines de fois son poids en liquide en le transformant en gel. Associé à la cellulose, il permet à la couche de garder la peau du bébé au sec. D’après l’ANSES, le SAP est présent dans toutes les couches jetables.
Les matières plastiques et biosourcées
L’enveloppe extérieure, le voile de contact et les barrières anti-fuites sont le plus souvent fabriqués à partir de polyoléfines (polypropylène et polyéthylène), des dérivés pétrochimiques. Certaines marques utilisent des alternatives d’origine végétale : polyéthylène ou polypropylène biosourcés, PLA ou matériaux à base de canne à sucre et d’amidon de maïs. Ces matériaux sont plus coûteux mais présentent un intérêt sur le plan environnemental, comme indiqué dans notre guide pratique des couches bébé.
TCF, ECF ou non blanchie : quelle cellulose privilégier ?
Le mode de blanchiment de la cellulose est l’un des premiers critères à vérifier dans la composition d’une couche. Il existe plusieurs procédés :
- TCF (Totally Chlorine Free) : blanchiment sans aucun agent chloré, à l’oxygène et au peroxyde d’hydrogène.
- ECF (Elemental Chlorine Free) : blanchiment sans chlore élémentaire (…mais avec du dioxyde de chlore !).
- Cellulose non blanchie : la fibre conserve son aspect brut.
L’ANSES indique que la cellulose des couches n’est désormais plus blanchie au chlore élémentaire – en revanche, les procédés utilisant des agents chlorés comme le dioxyde de chlore peuvent être à l’origine de la formation de dioxines et de furanes. L’agence recommande donc aux fabricants de réaliser le blanchiment sans agent chloré, en s’appuyant sur des techniques existantes à base de dioxygène et de peroxyde d’hydrogène.
Une cellulose TCF ou non blanchie constitue ainsi le choix le plus prudent. L’aspect brut d’une cellulose non blanchie relève surtout d’un argument esthétique : il ne présente pas d’avantage sanitaire supplémentaire par rapport au TCF et peut rendre plus difficile l’observation de la couleur des urines ou des selles.
L’indicateur d’humidité est-il indispensable ?
L’indicateur d’humidité est une bande qui change de couleur au contact de l’urine. Il est fréquent sur les premières tailles et parfois demandé par les maternités pour vérifier que le nouveau-né mouille suffisamment de couches sur 24 heures.
Sa composition chimique fait toutefois débat : les encres et pigments qu’il contient sont considérés comme des sources possibles de contamination (HAP, dioxines). Une couche sans indicateur d’humidité reste parfaitement fonctionnelle. Le contrôle visuel ou tactile de la couche au moment du change suffit dans la plupart des situations.
Quelles substances indésirables peuvent se trouver dans une couche ?
Saisie en 2017 à la suite d’une enquête de 60 Millions de consommateurs, l’ANSES a analysé 23 références de couches vendues en France. Plusieurs familles de substances ont été détectées ou quantifiées :
- des composés organiques volatils (naphtalène, styrène, toluène, xylènes…) ;
- des pesticides (hexachlorobenzène, quintozène, glyphosate et son métabolite l’AMPA) ;
- du formaldéhyde ;
- des dioxines, furanes et PCB-DL ;
- des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), notamment dans les élastiques ;
- des substances parfumantes (linalol, limonène, coumarine, alcool benzylique, salicylate de benzyle…).
À l’exception des parfums, ces substances ne sont pas ajoutées volontairement. Elles proviennent soit d’une contamination des matières premières, soit des procédés de fabrication (blanchiment, collage, chauffage à haute température). L’ANSES souligne que des contaminants ont été trouvés aussi bien dans les couches dites « écologiques » que dans les autres.
L’agence rappelle qu’aucune donnée épidémiologique n’établit à ce jour de lien entre le port de couches et des effets sur la santé. Son évaluation des risques a toutefois mis en évidence des dépassements de seuils sanitaires pour deux parfums, certains HAP et la somme des dioxines, furanes et PCB-DL. Elle a donc conclu qu’un risque sanitaire ne pouvait pas être exclu. Plusieurs de ces substances sont par ailleurs identifiées comme perturbateurs endocriniens possibles ou comme sensibilisants cutanés. Pour plus d’infos à ce sujet, consultez notre article sur les substances controversées dans les couches bébé.
Où en est la réglementation ?
Les couches pour bébé ne sont soumises qu’à l’obligation générale de sécurité des produits de consommation : l’ANSES a jugé ce cadre insuffisant et recommandé de supprimer toutes les substances parfumantes. Les tentatives de l’ANSES de propositions de restrictions pour le secteur des couches bébé, auprès de l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques), se sont soldées par un échec jusqu’à présent.
Comment lire la composition d’une couche bébé avant d’acheter ?
Depuis 2019, la plupart des marques de couches affichent désormais leur composition sur leurs emballages. Plusieurs points méritent une attention particulière :
- Le mode de blanchiment : privilégier la mention TCF ou une cellulose non blanchie
- L’absence de parfum et de lotion : ces ajouts n’apportent aucun bénéfice fonctionnel et peuvent contenir des allergènes
- La présence ou non d’un indicateur d’humidité
- La nature du voile de contact : synthétique ou d’origine naturelle
- La transparence de la marque : publication des analyses toxicologiques réalisées par des laboratoires indépendants
- La performance d’absorption : certaines marques font tester leurs couches par des laboratoires indépendants comme SGS – une composition saine doit aller de pair avec une absorption efficace
Pour comparer les marques sur ces critères, le système de notation Quelle Couche® évalue les couches selon une méthodologie publique de 11 critères, parmi lesquels la composition du voile de contact et de l’absorbant, la présence de composants problématiques et la transparence des rapports toxicologiques.
Questions fréquentes sur la composition des couches bébé
Quels sont les principaux composants d’une couche jetable ?
Une couche jetable contient de la cellulose issue du bois, un polymère super-absorbant (polyacrylate de sodium) et des matières plastiques comme le polypropylène et le polyéthylène. S’y ajoutent des élastiques, des colles et parfois des additifs comme des parfums ou des encres.
Les couches bébé sont-elles dangereuses pour la santé ?
L’ANSES n’a pas mis en évidence de danger grave et immédiat. Elle a toutefois conclu en 2019 qu’un risque sanitaire ne pouvait pas être exclu en raison de dépassements de seuils pour certaines substances. Les contrôles de la DGCCRF menés en 2019 et 2020 ont depuis montré une nette amélioration.
Que signifie TCF sur un paquet de couches ?
TCF signifie Totally Chlorine Free. La cellulose a été blanchie sans aucun agent chloré, ce qui limite le risque de formation de dioxines et de furanes pendant la fabrication.
Combien de couches un bébé utilise-t-il avant la propreté ?
Selon l’ANSES, un bébé utilise entre 3 800 et 4 800 couches jetables avant l’acquisition de la propreté, autour de 2 ans et demi à 3 ans.
Sources
- Anses, Avis révisé relatif à la sécurité des couches pour bébé, janvier 2019
- Anses, Couches jetables : l’Anses propose une restriction des substances chimiques dangereuses pour toute l’Union européenne, décembre 2020
- DGCCRF, Substances chimiques dans les couches pour bébés : la dernière enquête confirme l’amélioration de la qualité des produits, février 2021
- Couches bébé : le guide pratique pour bien choisir de BB-Joh.fr et Quelle-Couche.fr