Substances controversées dans les couches : l’analyse complète

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Plusieurs substances controversées ont été détectées dans les couches jetables pour bébé : des dioxines et furanes liés au blanchiment chloré de la cellulose, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), du formaldéhyde, des résidus de pesticides et des parfums allergisants… Le pire ? Aucune n’est interdite par une réglementation propre aux couches ! Dans cet article, on fait le point sur ces substances, leur origine et la façon de les repérer avant l’achat.

Quelles substances controversées trouve-t-on dans les couches ?

En 2019, l’ANSES a publié une expertise sur la sécurité des couches pour bébé fondée sur l’analyse de 23 références vendues en France. Les substances détectées ou quantifiées appartiennent à six familles :

  • les dioxines, furanes et PCB-DL, qui sont des polluants persistants
  • les HAP, retrouvés notamment dans les élastiques
  • le formaldéhyde, classé cancérogène et sensibilisant cutané
  • des composés organiques volatils (naphtalène, styrène, toluène…)
  • des résidus de pesticides, dont le glyphosate
  • des substances parfumantes comme le lilial, le lyral, le limonène ou la coumarine

Pour l’ANSES, aucune donnée épidémiologique ne relie à ce jour le port de couches à des effets sur la santé. L’évaluation a cependant relevé des dépassements de seuils sanitaires pour deux parfums, certains HAP et la somme des dioxines, furanes et PCB-DL : un risque sanitaire ne peut donc pas être exclu. L’agence précise aussi que ces contaminants ont été trouvés dans les couches dites « écologiques », comme dans les autres.

Pourquoi le chlore pose-t-il problème dans les couches ?

Le chlore n’est pas un composant à proprement parler des couches jetables. Cependant, il peut parfois être utilisé dans le blanchiment de la cellulose (la matière issue du bois qui forme le cœur absorbant, voir notre article détaillé sur la composition des couches bébé). Selon l’ANSES, le chlore élémentaire n’est plus utilisé… Mais des agents chlorés comme le dioxyde de chlore le sont encore ! Ces procédés peuvent former des dioxines et des furanes.

Comment savoir si des résidus de chlore se trouvent dans les couches bébé ? C’est simple, trois mentions permettent d’identifier le procédé utilisé :

  • TCF (Totally Chlorine Free) : aucun agent chloré, blanchiment à l’oxygène et au peroxyde d’hydrogène ;
  • ECF (Elemental Chlorine Free) : sans chlore élémentaire mais avec du dioxyde de chlore ;
  • non blanchie : la cellulose garde sa couleur brute, aucun procédé de blanchiment n’est utilisé.

L’ANSES recommande aux fabricants de blanchir sans agent chloré. Une cellulose TCF ou non blanchie est donc le choix le plus prudent !

Les indicateurs d’humidité sont-ils à éviter ?

L’indicateur d’humidité est une bande qui change de couleur au contact de l’urine. L’ANSES a par ailleurs recommandé de retirer les indicateurs d’humidité des couches bébé, jugeant leur présence comme argument marketing uniquement, et ne pouvant formellement attester que leur composition chimique était sans risque. A cet effet, la plupart des marques de couches bébé « clean » ont pris le parti de ne pas en avoir sur leurs gammes.

Leur utilité reste par ailleurs limitée : un simple contrôle de la couche au moment du change suffit le plus souvent. Les maternités les demandent parfois pour vérifier que le nouveau-né urine suffisamment. Hors de ce cas, une couche sans indicateur est préférable.

Parfums et lotions : des ajouts inutiles ?

Contrairement aux autres substances, les parfums sont ajoutés volontairement. L’ANSES recommande de supprimer toutes les substances parfumantes, en priorité celles qui présentent des effets sensibilisants cutanés. Les lotions appliquées sur le voile de contact n’apportent pas davantage de bénéfice démontré. Mieux vaut choisir une couche sans parfum ni lotion, c’est désormais le cas de la quasi-totalité des couches bébé du marché.

Où en est la réglementation sur les substances controversées dans les couches ?

Les couches ne sont soumises qu’à l’obligation générale de sécurité des produits de consommation. En 2020, l’ANSES a proposé à l’Union européenne de limiter les HAP, dioxines, furanes, PCB et formaldéhyde dans les couches. Les comités scientifiques de l’ECHA ont rendu un avis défavorable en 2021, estimant le risque insuffisamment démontré. Côté contrôles, la DGCCRF a constaté une amélioration : aucun dépassement des seuils sanitaires sur 32 références analysées en 2019-2020 ni sur les 9 références suivies fin 2020.

C’est pour cela que nous avons créé, en 2022, le premier système de notation des couches bébé, neutre et indépendant, du marché français.

Alors comment choisir une couche sans substances controversées ?

Les mentions des emballages ne suffisent pas toujours à comparer les marques. Le système de notation Quelle Couche® évalue les couches sur 11 critères publics, parmi lesquels :

  • la présence de composants problématiques ;
  • la composition du voile de contact et de l’absorbant ;
  • la transparence des rapports toxicologiques ;
  • la note d’absorption.

Chaque marque reçoit une note sur 20 qui la classe dans l’un des quatre niveaux du scoring : Premium (18 à 20), A (15,5 à 17,5), B (13 à 15) ou C (10 à 12,5). Ce classement permet de repérer en un coup d’œil les couches qui limitent les substances controversées sans sacrifier l’absorption.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter notre guide des couches bébé : le contenu complet et gratuit pour faire le point !